



par Carole Foisy en collaboration avec Carolle Hamel
Construire des avions : quel rêve! C'est ce rêve qu'ont réalisé sept étudiants à la suite de leur formation en montage de circuits imprimés à l'École des métiers de l'aérospatial de Montréal (ÉMAM) à l'aube de l'été 2000. En 1999, l'ÉMAM approchait le CAMO pour que soit offert un programme de formation à un groupe d'étudiants handicapés. Le CAMO a donc conclu une entente avec l'ÉMAM et a constitué un comité des partenaires avec le Centre d'adaptation de la main-d'oeuvre aérospatiale au Québec, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), l'ÉMAM, le SSMO Montérégie et le Regroupement des organismes de promotion du Montréal Métropolitain. Comme dans le cas de tous les autres projets de formation que le CAMO met sur pied, le rôle du comité des partenaires était de contribuer à l'élaboration, la coordination et au suivi du projet.
Paramètres de la formation
La formation sur mesure en montage de circuits imprimés, composantes d'aéronefs, a eu lieu de mars à mai 2000. D'une durée de 270 heures, elle incluait quatre modules de formation (de 45 à 75 heures chacun), l'évaluation des apprentissages pour la sanction des études, l'enseignement correctif et un module de méthode dynamique de recherche d'emploi (MDRE) offert par le Service de développement d'employabilité de la Montérégie (SDEM). Un stage de quatre semaines était prévu. Le groupe, 11 personnes âgées entre 20 et 40 ans, était constitué de 2 femmes et 9 hommes. Ces personnes vivent avec des problèmes de santé mentale, une déficience auditive ou une déficience physique. Le SDEM s'est occupé du soutien des étudiants, assurant la liaison entre ces derniers, l'école et les ressources.
Difficultés
Puisqu'il était nécessaire d'avoir obtenu un diplôme d'études secondaires pour suivre cette formation, les SSMO ont éprouvé des difficultés à recruter des personnes pour ce programme.
Au moment d'organiser les stages, certains employeurs se sont montrés réticents à l'idée d'intégrer des stagiaires handicapés : quatre personnes seulement ont été placées en stage. Heureusement, l'obtention de la sanction d'études ne dépendait pas du stage, mais cette expérience aurait été plus que souhaitable.
Résultats
En juillet 2000, sur 11 participants, 7 sont toujours en emploi. Leur salaire varie de 7.25$ à 12.50$ l'heure. Les entreprises qui les ont embauchés sont Oerlikon Aerospace, IBM Bromont, L. G. Technologies, BAE Systèmes, Électrolyne, Microniks, etc. Un second contrôle des résultats est actuellement en cours afin de connaître la situation actuelle de ces travailleurs. Pour l'instant, les nouvelles sont bonnes et l'un des travailleurs a vu son salaire grimper à près de 16$ l'heure. Notons que les compétences acquises sont transférables dans les secteurs de l'informatique, du matériel audiovisuel, des telécommunications, etc.
par Carole Foisy en collaboration avec Carolle Hamel
L'utilisation de plus en plus répandue des nouvelles technologies de l'information et des communications (NTIC) dans les entreprises a fortement stimulé la demande de main-d'oeuvre technique et compétente. Les programmes de formation en NTIC connaissent une popularité grandissante, mais le nombre d'individus qui y participent est insuffisant : d'ici deux ans, au pays, plus de 50 000 emplois devront être comblés dans ce domaine.
Issu de la collaboration entre le CAMO et Innovera Integrated Solutions Inc. et financé en partie par le Ministère du Développement des Ressources humaines du Canada, le projet de formation Carrière Plus a offert une formation de haut niveau en NTIC à des personnes handicapées de Montréal, Ottawa et Halifax.
Le programme a permis à 10 participants de décrocher la certification Microsoft en gestion de réseaux informatiques. Les candidats devaient avoir en poche leur diplôme d'études secondaires.
Conçu pour accueillir une dizaine de personnes ayant des limitations fonctionnelles (déficience physique, déficience sensorielle ou problèmes de santé mentale), ce programme d'une durée de 6 mois a débuté en juin 1999. Il s'est articulé autour des compétences les plus en demande dans l'industrie, notamment en conception, mise en oeuvre et gestion de réseaux informatiques en utilisant les outils et technologies Microsoft. Un stage de 6 semaines complétait la formation : 10 entreprises y ont participé.
Plusieurs partenaires ont collaboré pour identifier les candidats, procéder à la sélection, prévoir les adaptations, sensibiliser les employeurs et adapter le matériel pédagogique (avec le concours de Microsoft). Il faut particulièrement saluer la contribution des services spécialisés de main-d'oeuvre et celle des centres de réadaptation.
Résultats
En plus de fournir la certification Microsoft, certification reconnue dans l'entreprise, le programme a permis à neuf participants d'obtenir un emploi. Les emplois, majoritairement contractuels, se sont transformés en emplois permanents pour cinq participants, six mois en moyenne après leur embauche en tant que contractuels. Trois participants occupent toujours des emplois contractuels et le dernier participant poursuit actuellement des études universitaires plus poussées en informatique.
par Carole Foisy en collaboration avec Carolle Hamel
Dans le dernier numéro du Bulletin, décembre 2000, il a été question du projet pilote réalisé en 1999-2000 par le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT) en collaboration avec le CAMO. Rappelons que ce projet a permis de former et d'intégrer en emploi des travailleurs handicapés dans le secteur du tourisme : 10 personnes ont participé à ce programme de formation sur mesure; 7 étaient toujours en emploi au terme du projet (mars 2000) dont 5 dans le secteur touristique.
Pour piloter le tout, une chargée de projet a été embauchée. Sa première tâche : trouver des employeurs. Mais en ce début de printemps 1999, la saison était déjà amorcée dans les grands hôtels. Les négociations des conventions collectives chez bon nombre de ces établissements étaient aussi dans l'air. Il a fallu faire preuve de souplesse et de créativité. En définitive, deux hôtels sont demeurés partenaires du projet et ont offert quatre postes de préposé à l'entretien ménager. Un autre secteur d'activité a alors été exploré, celui de la location de voitures, permettant d'ajouter cinq postes d'agent de comptoir ou de préposé aux voitures. À ces neuf postes, s'est ajouté un poste de réceptionniste / préposé à l'accueil.
La formation, d'une durée de 90 heures, portait sur les compétences communes et les habiletés à acquérir pour travailler dans le secteur de l'industrie touristique. Peu d'adaptations ont été requises en ce qui a trait aux postes de travail. Des mesures propres à favoriser le maintien en emploi (novembre 1999 à mars 2000) ont été mises de l'avant : contacts téléphoniques hebdomadaires, visites, counselling au besoin. Une formation de moniteurs en entreprise a été suivie par cinq personnes provenant de quatre entreprises.
Les participants ont été satisfaits de leur formation théorique, ont eu plus de critiques au sujet de l'encadrement et de la formation en entreprise, mais ils ont tous reconnu que ce programme a eu des effets bénéfiques sur eux, sur leur estime d'eux-mêmes. Les employeurs, reconnaissant que les subventions salariales ont influencé leur décision initiale, ont ensuite particulièrement apprécié le soutien de la chargée de projet, sa disponibilité et le fait que des moniteurs en entreprise aient été formés. Ils sont tous prêts à recommencer l'expérience et à en faire la promotion. La chargée de projet, quant à elle, a souligné l'importance de cibler les entreprises dès le début du projet et de recruter des candidats dès février, bien avant la haute saison touristique. En conclusion, le CQRHT et le CAMO seraient prêts à reprendre l'expérience après ajustements.
par Carole Foisy en collaboration avec Carolle Hamel
En janvier 1998, le Comité sectoriel de l'industrie du transport routier (CAMO-Route) approchait le CAMO pour mettre sur pied une formation pour les personnes handicapées menant à l'obtention du Diplôme d'études collégiales (DEC) en logistique du transport. Ce domaine, en plein essor, est directement relié au mouvement des marchandises sur lequel la mondialisation des marchés a beaucoup d'impact.
Après consultation, la conclusion suivante s'est imposée : le cheminement vers l'obtention d'un DEC était trop long et risquait de comporter des dimensions peu accessibles pour la clientèle visée. Une Attestation d'études collégiales (AEC) dans un secteur connexe au transport avait alors de plus grandes chances de succès.
Les domaines de la répartition, de la tarification, de la gestion des approvisionnements et des stocks ainsi que les douanes ont été analysés. Le domaine des douanes a été retenu par le comité de validation en raison de son aspect moins stressant et de la sédentarité du poste de travail. Il offre un potentiel intéressant pour la clientèle handicapée en raison de l'informatisation des transactions.
Des clientèles en déficience motrice, des personnes ayant un résidu visuel et des personnes ayant des problèmes de santé mentale ont été retenues. Comme le programme court n'existait pas, il fallait le concevoir. Avec le CEGEP André-Laurendeau, en s'appuyant sur une analyse de situations de travail auprès des entreprises en douanes, le profil des compétences et les plans-cadres de formation ont été établis.
La formation, d'une durée de 645 heures, ne comporte pas de stage car les cours sont essentiellement basés sur des simulations en mode virtuel avec les logiciels appropriés et le site de Douanes Canada. La formation devrait débuter en avril prochain pour se terminer au début novembre 2001. Le processus de sélection est actuellement en cours.
Ce projet est original car les six étudiants handicapés seront intégrés dans un groupe régulier avec un soutien académique et socioprofessionnel, au lieu de constituer un groupe à part. Les objectifs spécifiques du projet sont :
Le Service de développement de l'employabilité de la Montérégie s'occupera de soutenir les étudiantes et étudiants et de faire les liens qui s'imposent entre les organismes collaborateurs. Mentionnons pour terminer que le comité des partenaires regroupent des intervenants du milieu gouvernemental, du collège, du CAMO-Route, des services spécialisés de main-d'oeuvre, des centres de réadaptation et du milieu associatif. Cette expérience servira, espérons-le, de modèle.
par Carole Foisy en collaboration avec Carolle Hamel
Dans la région de Bellechasse, région agricole florissante, est né un projet particulièrement intéressant. Depuis quelques années, l'Association des personnes handicapées de Bellechasse organisait des camps d'été et mettait notamment l'accent sur des activités gravitant autour de l'agriculture.
Devant le succès de cette initiative, un comité a réfléchi à la mise sur pied d'une structure de service et de formation dans le domaine de l'agriculture pour la clientèle ayant une déficience intellectuelle (légère ou moyenne) et/ou des troubles envahissants du développement (autisme).
Après plus d'un an de réflexion, le projet de la ferme éducative est né, fruit des travaux d'un comité consultatif formé de plus d'une douzaine de partenaires socioéconomiques de la région.
Des partenaires provenant du milieu des personnes handicapées, des organismes de services (réadaptation et emploi), du milieu de la formation des adultes, du Centre local d'emploi (CLE), de l'Office des personnes handicapées du Québec, du CAMO, du ministère du Développement des Ressources humaines du Canada (DRHC), du ministère de l'Agriculture, des Pêches et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), du Centre local de développement (CLD), de l'Union des producteurs agricoles (UPA) et du milieu de l'entreprise du comté de Bellechasse de la région Chaudière-Appalaches se sont unis pour mettre en place un programme éducatif en agriculture adapté à cette clientèle. Ce programme prône l'alternance entre la ferme éducative (centre de formation) et les entreprises agricoles ciblées.
Loin d'être une vue de l'esprit, ce projet se concrétise et pourra accueillir, dès le 2 avril, des jeunes de la région Chaudière-Appalaches âgés entre 18 et 35 ans, pour les préparer, les intégrer et les maintenir en emploi, majoritairement en milieu agricole. La formation sera offerte par la Commission scolaire Côte-du-Sud (secteur de l'éducation des adultes) de février à novembre.
Le programme de formation peut aller jusqu'à 2 ans pour respecter le rythme des personnes. Une période de stage chez un futur employeur au cours de l'été et des mesures d'intégration et de suivi en emploi sont également prévues. Les participants résideront sur place pendant la période scolaire.
Ils toucheront différents secteurs lors de leur formation : l'hébergement (préparation des repas, entretien général, buanderie), l'élevage (principalement de bouvillons et de petits animaux), la production agricole, l'horticulture, l'acériculture, la sylviculture, la transformation des produits de la ferme et l'opération d'un kiosque de vente. Le ratio éducateur/participants sera de un pour quatre, en moyenne. Ce programme de formation offrira une alternative à une clientèle qui en a très peu. De quoi donner des idées!
par Carole Foisy en collaboration avec Carolle Hamel
Bien humblement, avec ce numéro de Différence emploi, nous avons voulu vous transmettre quelques idées et des exemples de projets de formation. Loin d'avoir fait le tour, ce dossier doit servir d'amorce à un plus vaste partage de l'expertise. Dans chacune des régions du Québec, des initiatives voient le jour. Dans le milieu de l'enseignement, de l'emploi et de la formation, des personnes cherchent des solutions. Je me permets de les interpeller pour qu'elles partagent leurs connaissances.
Le CAMO a dégagé de ses expériences en formation une série d'éléments qu'il est bon de considérer lorsque vient le temps de planifier un projet de formation. Bien prévoir et identifier les obstacles demeure la clé de toute entreprise. Quelques-uns de ces éléments sont :
Pour bien déterminer le secteur de formation
À l'égard de la gestion d'un projet de formation sur mesure
Le rôle des entreprises
La qualité de la formation
La qualité de l'encadrement
Statut financier des participants
Voilà donc quelques constantes à considérer. C'est à vous maintenant d'établir la validité de cette liste en la testant et en nous transmettant vos découvertes...

La Commission des partenaires du marché du travail contribue au financement des activités du
Comité d'adaptation de la main-d'oeuvre (CAMO) pour personnes handicapées.
Pour plus de renseignements sur le marché du travail et sur les programmes et services publics d'emploi, consultez le site d'Emploi-Québec.