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Logo du CAMO pour personnes handicapées

La compétence au-delà de la différence

logo du CAMO adapté pour l'imprimé
Plage tactile (afficheur braille) pour usage de l'ordinateur (déficience visuelle).
Ordinateur adapté pour une personne ayant une déficience visuelle.
Réunion à laquelle participent des personnes handicapées et des interprètes en langue des signes.
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Documentation : Publications

Vol. 4 no. 3 - Novembre 2005

Mot de la présidente

Monique Richard, présidente du CAMO pour personnes handicapées.

Une tournée riche en activités

C'est sur le terrain, en rencontrant les groupes qui travaillent à l'intégration et au maintien en emploi des personnes handicapées dans les différentes régions du Québec que la tournée du CAMO prend toute sa signification. Amorcée en début d'année, cette activité, majeure pour notre organisation, permet de nous positionner dans les activités et réalisations de l'ensemble des partenaires.

Le CAMO ayant, entre autres, un rôle aviseur auprès d'Emploi-Québec, ses avis doivent s'appuyer sur ce qui se passe sur le terrain. Il est facile de parler de façon théorique des besoins des personnes handicapées, de la continuité des services, etc., mais les actions du CAMO auront toute leur importance si elles prennent racines sur le travail des groupes qui se démènent sur le terrain. Le CAMO se doit de les entendre, de connaître les bons coups, de noter les difficultés rencontrées et de voir comment il peut de façon pratique, par ses avis et aussi par le rôle proactif qu'il peut jouer auprès de différentes instances, être en soutien au travail sur le terrain.

Ayant eu le plaisir de visiter des groupes de la Gaspésie en septembre dernier, j'ai noté chez plusieurs partenaires le souhait d'avoir un organisme de référence, un organisme qu'ils peuvent interpeller en ce qui a trait à certaines problématiques, à l'analyse de différentes situations et ainsi pouvoir proposer des moyens concrets aux décideurs politiques pour remédier aux difficultés rencontrées. D'où l'importance de mettre en commun nos analyses, nos perspectives et orientations, de s'entendre sur des moyens à privilégier. D'avoir un portrait précis de l'expertise de chacun des groupes, de leur mission spécifique, des liens à établir avec les autres organisations et groupes en place afin d'assurer à la personne handicapée, qui est à la base de la mission de chacun, une chaîne de services sans passage à vide conduisant à son intégration et à son maintien en emploi.

Le travail sur le terrain est très exigeant, il repose beaucoup sur l'engagement, le dévouement et la solidarité des personnes, des groupes qui, pour la plupart, n'ont pas beaucoup de soutien faute de budget suffisant. C'est toujours très enrichissant de constater le dynamisme de ces groupes, mais en même temps, il est possible de ressentir parfois un certain essoufflement. C'est pourquoi il est important que ces personnes et ces groupes sentent que des organismes portent leurs messages, que leurs moyens financiers et leurs ressources soient augmentés, que l'on provoque et facilite l'ouverture des institutions et des employeurs dans les régions et dans les localités face à l'intégration au travail des personnes handicapées. Il est nécessaire, par exemple, que les employeurs aient de plus en plus d'ouverture à embaucher des personnes handicapées, qu'ils aient les moyens et le soutien nécessaires pour le faire. Il faut dire qu'au Québec, c'est souvent la petite et la moyenne entreprise qui emploient les personnes handicapées. Elles ont donc besoin d'être soutenues en termes de conseils, mais aussi financièrement si l'on veut que la personne ait une place réelle sur le marché du travail. Il y aura énormément de défis à relever au cours des prochaines années en ce qui concerne le marché du travail. Il faut appuyer ces employeurs chez qui on tente de développer l'ouverture pour embaucher une personne ayant des limitations.

Une rencontre avec le Comité régional pour l'intégration au travail des personnes handicapées de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.
Une rencontre avec le Comité régional pour l'intégration au travail des personnes handicapées de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

1ère rangée (de gauche à droite) : Carole Foisy, CAMO; Rodolphe Arseneault, Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine; Catherine Boulay, Services Canada; Rénald Méthot, ministère des Affaires municipales et des Régions (MAMR); Monique Richard, présidente du CAMO

2e rangée (de gauche à droite) : Yvan Bernier, SSMO Gaspésie-les-îles; Jean Charron, SPHERE-Québec; Michel Samuel, Emploi-Québec; Jules Lemieux, agent de développement du Comité; Jean-Aimé Francoeur, Office des personnes handicapées du Québec; Martin Trépanier et Pierrette Robitaille, Regroupement des associations de personnes handicapées de la Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine

Les groupes sur le terrain doivent compter sur des organisations nationales pour que leur voix soit entendue car leurs moyens sont souvent restreints. Ce dynamisme ne doit pas être pris pour acquis, car à un certain moment, faute de résultats concrets, il peut se perdre. Comme le démontrait le Diagnostic sur la formation et l'emploi des personnes handicapées au Québec du CAMO, les résultats au chapitre de l'intégration et du maintien en emploi des personnes handicapées laissent encore à désirer. Il faut donc, pour garder ces personnes ainsi que ces groupes dynamiques et engagés, les soutenir et être présent avec eux afin d'obtenir des résultats à court et à moyen terme.

Monique Richard, présidente

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Claude Séguin, directeur général du CAMO pour personnes handicapées.

Mot du directeur général

Le marché actuel du travail : des défis et des opportunités

Les données les plus récentes sur le marché du travail mettent en relief un défi majeur qui attend le Québec au cours des prochaines années au plan de l'emploi. On estime en effet devoir combler 640 000 postes entre 2004 et 2008 dont une bonne part provient du départ à la retraite des baby-boomers.

La croissance économique accentuera ces besoins de main-d'œuvre au moment où la population d'âge actif (15 à 64 ans) du Québec diminuera.

Quelques hypothèses de solution ont déjà été envisagées pour faire face à ce problème de taille.

On a, par exemple, considéré de bonifier les régimes de rentes afin de retenir plus longtemps en emploi des personnes qui pourraient prendre leur retraite. Le recours à l'immigration s'avère également une piste de solution très sérieusement évoquée.

Faire appel aux compétences des personnes handicapées ne semble pas d'emblée un scénario complémentaire aux autres stratégies explorées. Ces personnes ont pourtant amélioré leurs compétences de façon significative au cours de la dernière décennie et constituent donc une main-d'œuvre qualifiée et disponible.

Le contexte économique actuel peut donc être une occasion d'améliorer la situation de l'intégration au travail des personnes handicapées dont la présence sur le marché du travail stagne à moins de 1 %.

Le gouvernement du Québec s'apprête à se doter d'une Stratégie favorisant l'intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées en confiant ce mandat au ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale.

Le CAMO pour personnes handicapées et ses partenaires voudront participer à cet exercice avec le souci de collaborer à l'identification d'actions concrètes qui nous sortent du statu quo et qui opèrent de réels changements.

Sans devancer les résultats de nos travaux communs, il me semble que cette Stratégie ne peut s'inscrire en dehors de la conjoncture économique qui vient d'être évoquée. On devrait même affirmer beaucoup plus spontanément que l'intégration au travail des personnes handicapées n'est pas un problème, mais demeure une partie de la solution au besoin majeur de main-d'œuvre auquel le Québec est présentement confronté.

Je vous invite à pousser plus loin la réflexion, à oser sortir des sentiers battus, et à être proactif dans la recherche d'actions efficaces et pouvant être mises en œuvre rapidement.

Claude Séguin, directeur général
CAMO pour personnes handicapées

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Frank Bouchard, conseiller.

Les étudiants handicapés au postsecondaire et le marché du travail

Au cours des dernières années, dans le cadre de sa Stratégie Jeunesse, le CAMO pour personnes handicapées s'est entre autres intéressé à deux dossiers majeurs relatifs aux étudiants handicapés. Le premier concernait la réalité des étudiantes et étudiants ayant des limitations fonctionnelles au postsecondaire en regard de l'emploi estival. Les travaux menés sur ce dossier ont permis la réalisation du document Enquête sur l'emploi d'été pour étudiantes et étudiants ayant des limitations fonctionnelles.

Le second dossier était celui de la transition des études vers le marché du travail pour les étudiants handicapés. À la suite d'une tournée provinciale de consultation auprès des jeunes ayant des limitations fonctionnelles en 2001 et 2002, ce dossier faisait déjà l'objet d'une des recommandations du comité des partenaires de la Stratégie Jeunesse. Cette recommandation consistait à s'assurer que la transition de l'école à la vie active pour les étudiants, en particulier vers le marché du travail, fasse l'objet d'une planification pour en assurer le succès.

Beaucoup d'initiatives visant la planification de la transition école/travail ont d'ailleurs été réalisées au cours des dernières années1. Celles-ci touchaient toutefois essentiellement les élèves finissants du secondaire et ayant besoin d'un soutien particulier dans le cadre de cette transition. Pour le CAMO, il apparaissait néanmoins que les étudiants handicapés au postsecondaire pourraient peut-être profiter également d'une meilleure planification de la transition. Cet aspect est d'autant plus important que ces étudiants ont acquis, souvent au prix de beaucoup d'efforts, des compétences que les employeurs se doivent de mettre à profit. Il serait en effet regrettable de passer à côté d'un bassin de travailleurs potentiels formés et prêts à intégrer le marché du travail alors que le Québec doit faire face, dans plusieurs secteurs d'activité, à une pénurie de main-d'œuvre.

Que les étudiants handicapés puissent également, et le plus tôt possible à la fin de leurs études, faire partie de la population active est donc une préoccupation à prendre en considération.

Une telle préoccupation pour la planification est également présente dans différents milieux comme le démontrent deux initiatives qui ont vu le jour récemment au Canada anglais. C'est ainsi que le Canadian Centre on Disability Studies mène depuis 2002 une étude longitudinale sur la question de la transition dans le but de dégager les éléments les plus propices à faciliter cette dernière2. La National Educational Association of Disabled Students (NEADS), quant à elle, vient d'entreprendre une série de forums sur les stratégies et les techniques pratiques de recherche d'emploi pour mieux réussir sur le marché du travail3. Ces forums sont destinés aux étudiants et diplômés handicapés de niveau postsecondaire et visent à les préparer à une transition efficace des études vers l'emploi.

De son côté, le CAMO souhaite expérimenter un modèle de transition études-travail destiné aux étudiantes et étudiants du postsecondaire par la mise en place d'un projet-pilote. Pour y arriver et afin d'avoir une idée précise des besoins des étudiants, le CAMO a tenu à s'adjoindre, dans un premier temps, la collaboration des acteurs les plus directement engagés auprès des étudiants. C'est ainsi que l'Association québécoise des étudiants ayant des incapacités au postsecondaire (AQEIPS), l'Association québécoise inter-universitaire des conseillers pour les étudiants ayant des besoins spéciaux (AQICEBS) et les Services d'aide à l'intégration des étudiants handicapés du Cégep de Sainte-Foy et du Cégep du Vieux-Montréal ont été rencontrés afin de voir s'ils partagent les mêmes préoccupations que le CAMO en ce qui concerne ce dossier. Ces rencontres ont permis de confirmer les besoins à cet égard et ont également permis de sonder l'intérêt de chacun à contribuer collectivement à l 'élaboration d'un projet-pilote et à y participer.

Dès le départ, ces organisations ont démontré leur intérêt à en faire davantage pour cette clientèle et ont signifié leur accord à se joindre au CAMO comme partenaires dans ce projet-pilote permettant de faciliter aux étudiants et finissants l'accès au marché du travail. Diverses avenues peuvent être explorées dans le cadre de ce projet : recours plus important aux services spécialisés de main-d'œuvre (SSMO); ajout d'un volet « employabilité » à la mission des services d'aide à l'intégration des étudiants handicapés présents dans les cégeps et universités; services de placement étudiant des établissements d'enseignement plus actifs et connaissant davantage la clientèle handicapée, etc.

Les prochains mois permettront au CAMO et à ses partenaires de dégager l'option la plus propice à assurer la transition des étudiants et la plus réaliste en termes de financement et de partenariat.

Frank Bouchard, conseiller

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Carole Foisy, chef d'équipe et conseillère.

Journal d'une tournée (1)

Le Bas-Saint-Laurent : partir à la découverte!

Les 6, 7 et 8 juin dernier, le CAMO s'est rendu à Rimouski pour rencontrer les partenaires du Comité de concertation et de consultation pour les travailleuses et travailleurs handicapés du Bas-Saint-Laurent (le Comité de concertation correspond à ce que sont les tables régionales de concertation travail et personnes handicapées).

Conformément au programme habituel, le CAMO a ensuite visité une série d'initiatives novatrices à Rimouski et à Matane.

Premier arrêt : rencontre des membres du Comité de concertation

Le 6 juin en après-midi, quelques membres du Comité de concertation nous ont reçus afin d'échanger sur nos plans d'action respectifs. Le Comité existe depuis de nombreuses années et une réelle complicité existe entre les membres. Une complicité s'appuyant, entre autres, sur l'engagement des partenaires, mais aussi sur leur stabilité. En effet, cette région profite d'un noyau de personnes à la barre du Comité depuis une dizaine d'années.

Le Comité a élaboré son plan d'action lors d'une série d'ateliers de travail animés par une ressource prêtée par le CAMO en 1999 et en 2000. Depuis, ce plan a été actualisé en fonction des gains obtenus, des nouveaux défis. Le plan d'action tient sur une feuille : on a opté pour la simplicité!

Le Comité fonctionne par sous-comités, ses réunions servent à faire le point, à informer et à se coordonner. Le plan d'action aide à maintenir le cap, c'est un peu la colonne vertébrale des projets auxquels les partenaires tiennent.

Au menu, des activités de veille de l'actualité, des projets de loi, de l'évolution des programmes et mesures. Le Comité se fait également un devoir de surveiller ce qu'il adviendra de la Stratégie visant l'intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées dont la responsabilité revient au ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale. Voilà donc un point unissant le Comité et le CAMO, puisque nous sommes à élaborer notre position concernant cette même Stratégie.

Il y a plusieurs années, le Comité a été reconnu comme comité aviseur par le Conseil régional des partenaires du marché du travail. De plus, le Comité profite depuis quelques années de l'appui d'Emploi-Québec, par la contribution de M. Gilles Mongrain qui s'assure de la logistique des réunions, de la préparation du matériel nécessaire aux rencontres, de l'analyse de documents et d'études ainsi que de la recherche d'information. Ce dernier est soutenu par la présidente de la table, poste assuré par la direction du Service spécialisé de main-d'œuvre L'Élan. Cette collaboration assure une continuité aux activités et facilite l'engagement des partenaires.

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Un site Web

Au chapitre des réalisations, le Comité est particulièrement fier de son site Web lancé en juin 2004. Véritable trousse d'information pour les personnes ayant des limitations à la recherche d'un travail et pour les entreprises à la recherche de main-d'œuvre, il décrit la mission respective des organismes partenaires.

Site Web du Comité : Le marché du travail - C'est pour tout le monde - Région du Bas-Saint-Laurent.
Site Web du Comité : Le marché du travail, c'est pour tout le monde - Région du Bas-Saint-Laurent (www.comitetravailpersonnehandicapee.net/)

Ce site peut aussi servir d'outil de formation pour de nouveaux partenaires qui voudraient connaître le « qui fait quoi » du domaine de l'emploi pour les personnes handicapées dans la région. Une telle initiative pourrait servir de piste pour la formation de la relève au sein des tables régionales de concertation. La révision et l'amélioration du site sont au programme des activités de cette année.

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L'étude sur les représentations sociales

Au chapitre des grandes réalisations de ce groupe de partenaires se retrouve une étude sur les représentations sociales de la personne handicapée et de l'employeur. Cette étude se fera sur deux territoires : à Moncton et à Rimouski. Les conclusions seront connues en 2007. Le projet a pour titre Impact des représentations sociales sur l'emploi. Ce projet, qui a vu le jour grâce à la conviction et l'acharnement des membres du Comité, profite d'une contribution de 440 932 $ au Centre-Ressources pour la Vie Autonome - Région Bas-Saint-Laurent, par le biais du Programme de partenariat pour le développement social - composante personnes handicapées du ministère du Développement social Canada. Ce programme soutient des projets qui se déroulent dans plus d'une province et qui peuvent apporter des solutions transférables aux pro-blématiques que l'on retrouve un peu partout au Canada.

En conférence de presse en décembre 2004, M. Daniel Bilodeau, directeur général du Centre-Ressources pour la Vie Autonome expliquait cette activité de la manière suivante : « Ce projet permettra de faire avancer la recherche concernant l'inclusion au travail des personnes handicapées. Nous procéderons à l'élaboration de propositions visant la transformation des pratiques actuelles des employeurs à l'égard de ces personnes. Ce processus permettra également de modifier les perceptions que les personnes handicapées se font d'elles-mêmes. »

Comment les personnes se perçoivent-elles comme travailleuses ou travailleurs et comment ceux qui pourraient les employer les perçoivent? Le CAMO sera très attentif aux conclusions de cette étude puisqu'il a été convenu de réviser nos stratégies de communication à l'égard des entreprises, et ce, avec nos partenaires régionaux et nationaux.

C'est dire qu'il y a là un point d'ancrage de la première importance. Une rencontre avec le chercheur M. John Kabano a été fort révélatrice : il n'est certainement pas aisé de trouver le bon filon pour atteindre les employeurs potentiels et toute contribution à cette question sera de mise. Il faut cependant laisser travailler les chercheurs pour l'instant... un peu de patience!

En attendant, voici les grandes lignes de ce que M. Kabano nous a dit lors de notre rencontre au sujet des représentations sociales. Il s'agit de la connaissance qu'on a d'un objet, cette connaissance se fonde sur le vécu quotidien des gens, connaissance qu'on développe petit à petit. Ces enseignements nous viennent souvent de très loin : ce que notre grand-mère, par exemple, a pu nous dire de quelqu'un, de quelque chose, d'un phénomène. Cette connaissance est utilisée lorsque nous sommes en présence de l'objet, de la personne, du phénomène; elle guide nos comportements, nos réactions. Ainsi, le malaise que ressentent certaines personnes en présence d'une personne handicapée vient habituellement des images bien ancrées que nous en avons.

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Des préoccupations en amont de l'emploi

Au-delà de leurs projets en cours, les membres du Comité se préoccupent aussi de l'influence de l'environnement familial sur l'intégration des personnes handicapées en emploi. Dans plusieurs cas, plus particulièrement en déficience intellectuelle ou en santé mentale, la famille constitue un acteur important, voire influent, sur le parcours vers l'emploi de l'individu.

Le regard des membres du Comité se tourne non seulement du côté du parcours vers l'emploi lorsqu'il s'attarde au rôle des parents, mais bien aussi en amont, à l'école, par exemple. Ainsi, sur cette même lancée, ils se préoccupent de la transition des élèves du primaire vers le secondaire : le transfert d'information est-il fait pour assurer une continuité, comment gère-t-on cette transition, déjà pas si facile pour les autres élèves?

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La tournée des commissions scolaires

Depuis quelques années, les membres de la table ont initié une tournée des commissions scolaires afin de faire connaître l'autre versant de la montagne : celui de l'emploi. En effet, bien avant la diffusion du document sur la planification de la transition de l'école à la vie active de l'Office des personnes handicapées, les membres du Comité s'étaient penchés sur la nécessité de faire le pont entre l'école et l'emploi. Une première tournée a eu lieu dans les années 2001-2003 : les intervenants du milieu scolaire ont apprécié en savoir plus sur les services offerts dans le domaine de l'emploi et en ont redemandé.

Après une pause dans les travaux du sous-comité responsable de ces activités, les membres ont voulu donner suite à la première tournée, mais se sont rendu compte qu'il y avait eu beaucoup de roulement de personnel et qu'il était maintenant nécessaire de refaire l'exercice. Nous avons eu la chance d'assister à une rencontre de coordination du projet de tournée des commissions scolaires. Ce comité réunit les intervenants du milieu de la réadaptation, les responsables régionaux des clientèles des commissions scolaires et les représentants des services spécialisés de main-d'œuvre qui sont au nombre de trois sur le territoire.

Cette seconde tournée qui aura lieu au cours de l'année servira à réunir les intervenants du milieu scolaire au secondaire pour leur faire connaître les services, mesures et programmes offerts dans la région, toujours dans le domaine de l'emploi. Ce sera également l'occasion de faire connaître les différentes approches de développement de l'employabilité et les divers types de lieux de travail.

Il s'agit de rencontrer les gens des services professionnels (conseillers en orientation, psychologues, etc.), les enseignants et le personnel de l'adaptation scolaire dans huit commissions scolaires. Les directions seront engagées dans cette démarche en donnant leur aval aux rencontres.

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Un parcours comme au Grand Tour

Comme le CAMO ne va pas tous les jours à Rimouski, la journée du 7 juin a ressemblé à une grande virée! D'abord, le Projet Visa-Vie, un programme de réinsertion sociale et professionnelle pour les personnes vivant une problématique de santé mentale.

Le Projet Visa-Vie : une place pour chacun!

Ça sent l'été ce matin-là dans cette petite maison au coin de la rue Rouleau à Rimouski, mais certainement pas les vacances. C'est Sonia Cloutier qui me reçoit à l'Association canadienne pour la santé mentale, filiale du Bas-du-Fleuve inc. en l'absence de la directrice Nathalie Dumais. Sonia est responsable d'un groupe de cinq personnes qui sont intégrées aux activités quotidiennes de l'organisme dans le cadre du Projet Visa-Vie.

Tel que décrit dans le site de l'Association, ce projet de plateau de travail adapté vise à « permettre aux personnes désireuses de retourner sur le marché du travail de pouvoir entreprendre une démarche d'intégration sociale et professionnelle dans un contexte d'encadrement soutenu et facilitant. Un suivi régulier avec une éducatrice leur permet d'acquérir les habiletés nécessaires pour réintégrer le marché du travail. Le programme est offert sur une base de trois ans. Diverses unités sont disponibles pour favoriser le cheminement des travailleurs. »

Dans cette maison, chacun a sa place. Ce lieu est bien plus qu'un lieu de travail, c'est un lieu d'apprentissage et un lieu pour améliorer l'estime de soi, se rebâtir, obtenir du soutien. Mme Cloutier souligne : « ce programme est un "visa pour la vie" pour ces personnes souvent marginalisées et mises de côté ».

Les tâches sont diverses : trier et donner une seconde vie à des meubles et à des objets pour qu'ils soient revendus, entretenir la maison, faire du terrassement. On y fait aussi un tas de choses utiles, on rend des services au Cégep de Rimouski, à la Maison des femmes ou à des particuliers.

Le manœuvre, par exemple, s'occupe de la tonte de pelouses, de la cueillette de feuilles, de l'entretien de jardins, du déneigement en hiver et de divers travaux manuels. La personne à l'aide technique réalise avec son équipe de travail diverses tâches relatives à la bureau-tique : photocopies, assemblage de documents, traitement de texte, services Internet, services téléphoniques, etc. Tous travaillent à temps partiel.

Les critères d'admissibilité sont les suivants : être prestataire d'assistance-emploi, vivre des difficultés émotionnelles et/ou un problème de santé mentale et les reconnaître, avoir la motivation de retourner sur le marché du travail et être prêt à travailler sur ses attitudes professionnelles et socioprofessionnelles.

Le financement provient de sources privées (vente de services et d'objets, dons) et de source publique. Les participants ont habituellement accès à la mesure Insertion sociale d'Emploi-Québec ou au Contrat d'intégration au travail. Le projet peut offrir de la supervision grâce à l'appui du Fonds d'intégration au travail des personnes handicapées géré par SPHERE-Québec.

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Un plateau de travail au Cégep de Rimouski!

Même journée, en après-midi. Nous sommes maintenant au Cégep de Rimouski sur un des plateaux de travail du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI) du Bas-Saint-Laurent. On nous a dirigé vers ce plateau pour en mesurer le niveau d'intégration : les personnes qui y sont font partie de la famille du Cégep, ce qui est déjà un tour de force dans un si grand établissement. Salut Réjean!, c'est ainsi qu'un des jeunes stagiaires du plateau du Cégep tient à saluer M. Réjean Lévesque des services d'intégration socioprofes-sionnelle du CRDI-BSL. C'est dire la proximité qui existe entre ces jeunes et les gens qui les supervisent.

Ces travailleurs vivent avec une déficience intellectuelle moyenne pour la plupart et, les autres, avec une déficience intellectuelle légère. Le fait de travailler au Cégep agrandit leur réseau social; ils y rencontrent les enseignants, le personnel du Cégep, les étudiants...

Des locaux leur sont réservés où ils font le tri d'objets, de l'assemblage, mais surtout où ils entretiennent les plantes de tout l'établissement. Ces plantes, qui mettent de la chlorophylle dans l'environnement et dont profitent le personnel et les étudiants. En fait, il y a dans ce type d'établissement un éventail quasi infini de tâches qui, sans appartenir à personne, appartiennent à tout le monde, mais qui finissent par ne pas trouver preneur. Les stagiaires peuvent s'en occuper!

L'expérience sert aussi de lieu d'apprentissage pour certains étudiants en sciences humaines. Quelle meilleure expérience que de côtoyer la différence au quotidien! Ainsi, ils fréquentent l'un des travailleurs à la cafétéria depuis déjà quelques années. Un travailleur qui comprend bien son travail, le fait à son rythme et pourrait éventuellement s'intégrer au marché du travail régulier avec de l'encadrement.

Évidemment, les revenus de ces personnes ne sont pas à niveau : elles donnent plus que leur rémunération ne le reconnaît . Ces personnes vivent de prestations de la Sécurité du revenu et d'une allocation de fréquentation couvrant à peine leurs frais de transport. Le problème est bien identifié partout au Québec, mais la solution n'est pas simple à trouver. En déficience intellectuelle, c'est un sujet qui est depuis longtemps d'actualité et les partenaires sont en mode recherche de solutions.

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Quelle tournée!

Toujours le 7 juin, nous avons aussi visité l'entreprise de travail adapté de Matane, les Ateliers Léopold Desrosiers dont nous avons parlé dans le dernier Bulletin en juillet 2005.

Nous avons aussi eu le loisir de visiter un organisme très dynamique offrant plusieurs solutions aux failles dans le continuum de services menant vers l'emploi. Il s'agit du Service alternatif d'intégration au travail de la personne handicapée de Rimouski inc. et de son tout nouvel allié le Groupe Conseil Vega. Il y aurait tant à dire... Voilà pourquoi il faudra nous lire la prochaine fois!

Nous tenons à remercier madame Gina Marmen du SSMO L'Élan qui nous a accompagnés lors de cette tournée.

Carole Foisy, chef d'équipe et conseillère

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Carole Foisy, chef d'équipe et conseillère.

L'identité handicapée

Une publication à lire et à relire

Le CAMO est à l'affût de tout ce qui peut alimenter sa réflexion et celle de ses partenaires sur la question des représentations sociales. Ces dernières, savant amalgame de perceptions, d'images historiquement véhiculées et d'attitudes, teintent certaines de nos actions lorsque l'on se retrouve face à un phénomène social, un individu et dans le cas qui nous occupe, face à un handicap. Dans ce contexte, le CAMO a fait la lecture de L'identité handicapée, publié en 2004 sous la direction de Michel Mercier, chercheur belge, aux Presses universitaires de Namur. Ce bouquin est le résultat des observations de chercheurs et de professionnels universitaires qui, lors d'un congrès à Namur, ont tenté de mieux comprendre les questions identitaires liées au handicap.

Le livre porte davantage sur la déficience physique, incluant la surdité et la cécité, mais aborde également les questions de santé mentale. À travers des articles qui cernent les représentations sociales du handicap et le regard porté sur les personnes handicapées, ce livre emprunte diverses avenues pour illustrer l'influence du handicap sur la construction de l'identité.

Travail, sexualité, famille, maternité, développement de l'individu dès l'enfance, féminité, processus d'acceptation du handicap sont autant de thématiques sur lesquelles se sont attardés les auteurs. Fait particulièrement intéressant : le livre comporte nombre de témoignages d'universitaires qui ont des limitations physiques et qui partagent avec le lecteur leur cheminement et leur réflexion. Deux témoignages ont particulièrement retenu l'attention : un universitaire de l'Université Paris 8 qui a le syndrome de Usher, il combine perte d'audition et perte d'acuité visuelle et celui d'un spécialiste de la biologie cellulaire et directeur de recherche atteint de myopathie.

Pour la thématique travail, quelques articles traitent des politiques et programmes proposés par le Conseil de l'Union européenne, de l'expérience d'une entreprise en France qui a adopté des stratégies efficaces d'intégration des personnes handicapées et un historique de la place des personnes handicapées dans la sphère du travail.

Finalement, bien que certains articles s'avèrent hermétiques, il est tout de même possible, en tant que personne ayant un handicap ou vivant des problèmes de santé mentale, en tant qu'intervenant, décideur gouvernemental, employeur ou représentant syndical de profiter du voyage pour revoir les images qui nous animent quand nous sommes en présence de situations liées au handicap. À cet égard, il est d'ailleurs très intéressant de s'aventurer dans les contenus qui concernent la féminité, la grossesse et la sexualité, des sujets qui, sans être directement liés au travail, ont certainement un impact dans nos rapports quotidiens.

Ce livre est disponible au centre de documentation de l'Office des personnes handicapées du Québec pour emprunt et il est aussi possible de le commander en visitant le site Web des Presses universitaires de Namur.

L'identité handicapée est donc un livre qui gagne à être lu et relu.

Carole Foisy, chef d'équipe et conseillère

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Carole Foisy, chef d'équipe et conseillère.

Journal d'une tournée (2)

La Montérégie, une vaste région aux multiples facettes

Le 8 septembre 2005, les membres de la Table régionale travail pour personnes handicapées de la Montérégie nous ont accueillis afin de mettre en commun nos plans d'action respectifs. Sortant à peine des vacances, les membres de la Table avaient encore le cœur aux réjouissances; l'atmosphère bon enfant a favorisé nos échanges et bien préparé le terrain à de nouvelles collaborations.

La Montérégie en quelques chiffres...

La Table régionale de concertation travail pour personnes handicapées de la Montérégie existe depuis une dizaine d'années. Ses activités ont cependant été au ralenti ces derniers mois. Les visages autour de la table ont aussi passablement changé. Cette situation n'est pas unique; d'autres régions voient régulièrement leur groupe de travail changer et la situation devrait aller en s'accélérant puisqu'il y aura là, comme ailleurs, des départs à la retraite qui s'ajouteront aux changements habituels dans les organisations (changement de poste, dans la répartition des dossiers, etc.). La continuité dans l'organisation du partenariat constitue souvent un réel défi.

La Table régionale de concertation est donc en quelque sorte en période de redémarrage. La région a cependant toujours été fertile en nouvelles initiatives et le milieu associatif des personnes handicapées y est très engagé. De plus, la Montérégie compte l'un des plus dynamiques services spécialisés de main-d'œuvre, le SEMO Montérégie et un centre de formation spécialisé, le SDEM.

La région comporte plusieurs facettes fort différentes : de l'urbain au rural, des développements résidentiels en explosion, des secteurs industriels stratégiques, une industrie agroalimentaire bien ancrée. Ces réalités expliquent peut-être que les nouveaux projets d'intégration en emploi pour les personnes handicapées émergent souvent de concertation locale plutôt que régionale, donc plus près de la spécificité des populations et de la situation socio-économique des MRC.

Dans ces conditions, les membres de la table avaient déjà convenu par le passé d'être davantage en appui aux initiatives qui se développent localement et non d'en être l'initiateur. Ainsi, les rencontres de la table ont surtout servi de véhicule d'information et, pour certains projets, à la coordination des démarches.

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Deux projets importants

Les membres de la Table régionale souhaitent maintenant développer leurs propres projets.

La première activité sera d'établir le portrait de l'utilisation de la mesure Contrat d'intégration au travail en Montérégie : la disponibilité du Contrat d'intégration au travail dans la région est faible et cette situation rend plus difficile le placement en emploi. En connaissant mieux la situation, les membres de la table entendent proposer des éléments de réflexion et de solution au Conseil régional des partenaires du marché du travail.

La seconde activité consiste à organiser une activité réunissant les intervenants des divers réseaux oeuvrant à l'intégration au travail des personnes handicapées pour explorer les zones d'intervention qui requièrent l'éta-blissement de partenariats. Cette journée, prévue en décembre prochain, vise à accentuer la collaboration entre les réseaux de la santé et des services sociaux, de l'éducation et de l'emploi. Chacune des organisations sera invitée à se présenter, puis à échanger sur les obstacles rencontrés dans leur pratique et à identifier ce qui pourrait se régler par une meilleure concertation. Une soixantaine d'invitations ont été expédiées.

Les participants identifieront ainsi des zones de travail où ils peuvent collaborer plus étroitement et des zones où il serait intéressant d'obtenir l'appui d'une structure régionale de concertation. Les membres de la Table régionale évalueront ensuite ce qui pourrait leur revenir et en feront rapport ultérieurement aux participants de l'événement. Le CAMO pour personnes handicapées prête une ressource pour l'animation afin de faciliter les échanges.

Outre ces deux projets, les membres de la Table continueront à offrir leur éclairage sur des projets en développement, plus particulièrement ceux qui pourraient profiter de la participation financière du Fonds d'intégration géré par SPHERE-Québec.

Les membres de la Table désirent aussi se doter d'un outil de communication sur les ressources disponibles pour l'intégration en emploi dans la région.

La tournée du CAMO en Montérégie se poursuivra au cours des prochaines semaines par la visite d'une série d'autres initiatives :

  • la Journée portes ouvertes enseignants et parents organisée par la Commission scolaire des Patriotes où il sera question de la planification de la transition de l'école vers la vie active;
  • le projet de formation en horticulture à la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe et à la Commission scolaire de Beauharnois;
  • l'entreprise Les Saveurs du marché à Sorel;
  • le projet D'un couvert à l'autre à Longueuil;
  • le projet en développement de l'employabilité L'atelier de transition de St-Hyacinthe.

C'est donc à suivre dans le prochain bulletin!

Nous tenons à remercier monsieur Serge Tousignant, responsable de la Table de concertation de la Montérégie pour nous avoir aidés à organiser cette tournée.

Carole Foisy, chef d'équipe et conseillère

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Carole Foisy, chef d'équipe et conseillère.

Journal d'une tournée (3)

La région de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine - Un pays plus grand que nature

À la fois sur le continent et en pleine mer, des paysages à couper le souffle! L'horizon tellement large que le vertige nous assaille. La région de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine est un des plus beaux « pays » du Québec.

Sa population se multiplie l'été à un rythme effarant; on y accueille des milliers de touristes de partout à travers le monde. Ce pays idyllique devient tout autre l'hiver, l'industrie de la pêche et du tourisme se mettant presque en mode d'« hibernation ». La population redescend en-dessous de la barre des 100,000 habitants. Pourtant, il demeure que la vitalité et la ténacité des Gaspésiens et des Madelinots sont légendaires et contrebalance l'inégalité des saisons.

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La Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine en quelques chiffres...

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Des hommes et des femmes de volonté

La visite du CAMO dans la région a encore permis de rencontrer certaines personnes qui sont de véritables modèles de courage et de ténacité. Ces personnages seraient-ils aussi plus grands que nature?

Il s'agit ici de M. Pierre Lafontaine, l'heureux propriétaire du Petit Bricoleur à Chandler, de M. Normand Cyr, travailleur de la mer chez Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan, à Ste-Thérèse-de-Gaspé et Mme Carole Anderson, bras droit du propriétaire du gîte Au Presbytère de Percé.

Des histoires de complicité, de solidarité familiale et communautaire, de batailles traduites en mots simples et aux accents de là-bas.

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Le Petit Bricoleur

À Grande-Rivière, près de Chandler, M. Pierre Lafontaine tient boutique. Une boutique fort singulière. M. Lafontaine vend des objets de bois qu'il fabrique dans un atelier installé dans son garage. Devant la façade de sa maison sont exposées une balançoire à quatre places, des cabanes géantes d'oiseaux et des jardinières. Chez lui, dans le sous-sol, il garde une multitude d'objets faits en bois : des objets décoratifs ou d'usage domestique.

Du temps où il était soudeur, M. Lafontaine a subi un accident de travail réduisant de beaucoup sa capacité à se servir de l'un de ses bras. Après quelques années très difficiles, il s'est mis en tête de faire de son passe-temps un emploi, d'en faire son entreprise. Du bricolage avec le bois à la petite semaine, il en a fait son métier. Grâce à une contribution du Fonds d'intégration, il a pu démarrer son atelier avec une machinerie adaptée à sa condition. M. Lafontaine est maintenant un travailleur à temps plein et à l'année.

En passant par la route 132, allez lui rendre visite!

Le Petit Bricoleur
Artisanat souvenirs
320-A, La Grande-Allée Ouest
Grande-Rivière

Vous en saurez plus sur l'expérience de travailleur autonome de M. Préfontaine en lisant le cahier spécial que le CAMO publiera en décembre prochain.

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L'homme debout

Vendredi matin, à Sainte-Thérèse-de-Gaspé, c'est la visite d'une usine de transformation de poissons de fond. C'est celle de Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan.

M. Roch Lelièvre, un des trois associés de l'entreprise, nous reçoit. Nous sommes venus lui poser quelques questions sur son expérience en tant que chef d'entreprise qui embauche des personnes handicapées. Nous lui mentionnons que nous l'avons choisi puisque les partenaires de la région considèrent que son expérience en matière d'intégration de personnes handicapées en emploi est digne de mention. M. Lelièvre se prête avec beaucoup de modestie à l'exercice.

La poissonnerie est reconnue pour sa grande diversité de produits et a des clients aux quatre coins du monde. L'entreprise embauche entre 40 et 100 personnes selon la saison. C'est au moment de la pêche au hareng que l'entreprise compte le plus d'employés.

Lors de l'entretien, il est plus particulièrement question d'un employé, M. Normand Cyr, qui travaille à l'usine et aux vigneaux depuis une vingtaine d'années. M. Cyr travaille en alternance à la première transformation du poisson et au salage : il tranche les filets en usine et traite la morue séchée-salée, la Gaspé Cured, à l'extérieur. Ce type de morue est la spécialité de l'entreprise. L'entreprise transforme aussi d'autres poissons : le turbot, le hareng, le maquereau, la plie, etc.

Monsieur Normand Cyr, travailleur chez Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan.
Monsieur Normand Cyr, travailleur chez Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan

M. Cyr a eu un grave accident de la route lorsqu'il était dans la vingtaine. Atteint à la colonne, les médecins lui ont alors annoncé qu'il ne marcherait plus, que ses jambes étaient paralysées. C'était sans compter sur la détermination de M. Cyr qui se tient maintenant sur ses deux pieds!

Aux dires de M. Cyr, mis à part le précieux soutien de son entourage, c'est le travail qui lui donne toute sa fierté, tout son élan. Ses deux chevilles ne fonctionnent plus, il doit donc choisir des positions particulières, assez statiques pour travailler. Il se rend au travail dans sa voiture qui a été adaptée. À part un meuble ou deux faits sur mesure, M. Cyr n'a pas besoin de plus. Il a commencé à travailler avec des appareils aux jambes, en béquilles par la suite. Maintenant, il marche sans aide.

C'est Alcide Proulx, conseiller du SSMO Gaspésie-Les-Îles inc. (service spécialisé de main-d'œuvre) qui lui a trouvé cet emploi il y a une vingtaine d'années. Comme plusieurs autres travailleurs de la pêche, M. Cyr travaille entre 14 et 16 semaines par année.

Selon M. Roch Lelièvre, M. Cyr s'est non seulement bien adapté, mais il a aussi été bien accepté. Selon M. Lelièvre, la recette est simple, : il faut que la personne veuille! Pour le reste, de la souplesse dans l'entreprise et des mesures d'accommodement principalement axées sur l'adaptation et la répartition des tâches complètent bien la recette. M. Lelièvre croit que son entreprise est un bon lieu pour embaucher des personnes qui vivent avec des limitations. Aussi, le consortium d'entreprises dont fait partie Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan possède un fumoir où ils viennent tout juste d'embaucher trois autres personnes handicapées.

Lors d'une visite en Gaspésie, n'hésitez pas à visiter la boutique de l'entreprise aux produits parmi les plus fins et surtout l'Économusée de la morue qui met en valeur le savoir-faire des artisans de la morue salée et séchée.

À ajouter à votre carnet de bonnes adresses :

Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan
52, rue des Vigneaux
Sainte-Thérèse-de-Gaspé

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La femme de confiance

Une personne malentendante est devenue le bras droit d'un aubergiste. Légèrement à l'écart du centre touristique de Percé, à l'ombre du clocher, se trouve le gîte Au Presbytère où Mme Carole Anderson travaille. Michel Boudreau, propriétaire du gîte depuis l'an 2000, nous a reçus à l'heure de l'apéritif pour nous raconter toute l'histoire. Lorsqu'il a acheté le presbytère de la Fabrique, Mme Anderson faisait déjà partie du personnel. Son audition était déjà de niveau variable. Elle s'occupait du ménage et répondait au téléphone.

Son état s'est par la suite aggravé : malgré le port d'appareils auditifs, elle n'entendait plus les gens entrer dans l'auberge. M. Alcide Proulx, conseiller au SSMO et Mme Isabelle Arsenault de l'Office des personnes handicapées du Québec se sont alors consultés pour trouver une solution. C'est ainsi que l'auberge a été équipée d'appareils permettant à Mme Anderson d'être avertie lorsque le téléphone sonne, quand la sonnette de l'entrée se fait entendre ou que la porte s'ouvre. Le téléphone a aussi été adapté. Ces mesures d'accom-modement ont été financées par le gouvernement. En plus, Mme Anderson a pu améliorer son niveau d'audition en se dotant de meilleurs appareils auditifs.

Madame Carole Anderson et Carole Foisy devant le gîte Au Presbytère à Percé.
Madame Carole Anderson et Carole Foisy devant le gîte Au Presbytère à Percé

Mme Anderson est très heureuse de travailler dans cet endroit calme où elle se sent un peu chez elle. M. Boudreau a quant à lui l'esprit en paix s'il a de courts déplacements à faire. Mme Anderson prépare le gîte au printemps. Pendant la saison estivale, elle prépare la salle à manger l'après-midi, fait les chambres, astique les salons, prend les réservations, donne les renseignements et accueille les clients. Mme Anderson est devenue indispensable!

L'entreprise obtient l'appui d'Emploi-Québec par le Contrat d'intégration au travail qui compense une partie du salaire en fonction du niveau de productivité. Cette contribution est essentielle pour M. Boudreau. Mme Carole Anderson profite maintenant d'un salaire légèrement plus élevé que les salaires habituellement offerts pour un tel emploi dans la région.

Pour plus de renseignements sur le Contrat d'intégration au travail, visitez l'une des pages d'Emploi-Québec qui s'adresse aux employeurs.

Ajoutez aussi ce gîte à votre carnet d'adresses :

Gîte Au Presbytère
47, avenue de l'Église
C.P. 178
Percé

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Un Comité qui se renouvelle

Après plusieurs mois d'arrêt, les membres du Comité régional pour l'intégration au travail des personnes handicapées de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine redémarrent leurs activités. Le 29 septembre, le Comité nous a accueilli à la Maison William Wakeham. Lors de cette rencontre, il a été question de leur plan d'action qu'ils réviseront, du plan d'action du CAMO et d'un projet de promotion de la formation mené dans la région.

Ce projet de promotion de la formation est une initiative régionale axée sur les communications qui vise à mettre en commun tous les efforts nécessaires pour faire de la formation une grande priorité. Le projet est aussi basé sur des activités d'animation, des rencontres de partenaires et la mise en ligne d'information sur ce qui se passe en formation.

Marie-Claude Brière, agente d'information pour la Table multipartenaire en Éducation-Formation-Emploi de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, est une personne-ressource dont l'enthousiasme est plus que communicatif. Les membres du Comité pourraient certainement arrimer certaines de leurs activités à celle de la Table multipartenaire. Un portail est aussi en développement pour accroître les échanges entre partenaires.

Suivez les développements du projet au : www.bulletinvisetapprends.ca/fr/2005-06-c.html.

Une bonne nouvelle pour le Comité, l'embauche d'une personne-ressource, M. Jules Lemieux, qui sera agent de développement. Une des premières opérations sera de produire une brochure d'information sur les services offerts en matière d'emploi dans la région. Cette personne sera aussi bien utile pour mener à bien la révision du plan d'action. Finalement, elle contribuera à la consolidation du partenariat et soutiendra le développement de projets.

Le CAMO compte bien revenir faire son tour l'an prochain, pour encore mieux connaître et faire reconnaître la créativité de cette région.

Nous tenons à remercier Jean-Aimé Francoeur de l'OPHQ qui nous a accompagnés lors de cette tournée.

Carole Foisy, chef d'équipe et conseillère

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Marie-Claude Séguin, chargée de projet.

Le projet PHARE tire à sa fin

Déjà plus de dix mois ont passé depuis les premières actions menant à la création du projet : Personnes Handicapées et Accessibilité aux Ressources de la E-collaboration (PHARE).

Rappelons que ce projet visait principalement à familiariser une quarantaine de membres de l'Alliance québécoise des regroupements régionaux pour l'intégration des personnes handicapées (AQRIPH) avec l'utilisation d'une plateforme de travail collaboratif. Cet outil technologique vise à faciliter les échanges entre les membres d'une même organisation. Ayant des membres à travers tout le Québec, l'AQRIPH représente un milieu où l'utilisation des nouvelles technologies peut être un outil de travail intéressant et profitable.

Le projet PHARE visait à former à distance les participants aux fonctionnalités du nouvel outil de travail. Des capsules de formation ont été créées pour initier les participants à connaître les différentes composantes de la plateforme de travail. Afin d'explorer concrètement tout le potentiel qu'offre ce nouvel outil pédagogique, les participants devaient prendre part à une activité pratique. Celle-ci visait à favoriser les échanges, la collaboration et l'entraide entre les membres du projet.

Nous voici presque arrivés à la fin de ce projet innovateur. Nous en sommes maintenant à tirer les grandes conclusions concernant les différents aspects de ce programme de formation. À la lumière des propos recueillis auprès des participants, nous pouvons affirmer que l'utilisation d'une plateforme de travail collaboratif peut s'avérer un outil de travail profitable. Cependant, son utilisation demande la modification des habitudes de travail en laissant place à de nouvelles façons de faire.

Il faut dire également que l'outil utilisé dans le cadre du projet PHARE est très innovateur et implanté dans quelques milieux seulement, mais il sera sans aucun doute plus répandu dans quelques années. L'ensemble des participants s'entend également pour dire que la technologie ne peut remplacer en tout temps le contact entre les personnes, entre les membres d'une organisation.

Le CAMO pour personnes handicapées est très heureux d'avoir pris part à ce projet expérimental ayant permis, entre autres, d'étudier concrètement l'utilisation des nouvelles technologies. Le CAMO a toujours cru essentiel et primordial que les personnes handicapées aient accès aux nouvelles technologies et puissent les utiliser au même titre que tout autre citoyen.

Marie-Claude Séguin, chargée de projet

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EN BREF

Atoutcap.ca dévoile les résultats de son enquête sur les entreprises des Basses-Laurentides et leurs besoins en main-d'oeuvre et en formation

C'est en septembre dernier que le groupe Atoutcap.ca dévoilait les résultats de son enquête sur les entreprises des Basses-Laurentides et leurs besoins en main-d'œuvre et en formation.

Les objectifs du projet étaient, entre autres, d'établir un profil des compétences et des habiletés des personnes avec incapacités physiques et sensorielles ne pouvant travailler à temps plein, âgées de 18 ans et plus et résidant sur le territoire des Basses-Laurentides afin de mettre sur pied une base de données numériques « Ressources Humaines Personnes Handicapées » et, par la suite, de dresser le profil de la demande des entreprises de la région afin de mettre en valeur la base de données « ressources humaines » et faire les liens nécessaires.

Pour connaître les résultats de l'enquête ou pour avoir plus d'information sur le projet, visitez le site Web au www.atoutcap.ca ou contactez monsieur Daniel Deneault, coordonnateur du projet, au (514) 914-5775 ou monsieur Pierre Grenier, président, au (450) 971-1067. Vous pouvez aussi les contacter par courriel à l'adresse ph@sol-vi.com.

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Programme de bourses d'études et d'emplois d'été pour étudiants ayant une déficience physique ou sensorielle

Pour une 17e année consécutive, la Banque Nationale lance son Programme de Bourses d'études et d'emplois d'été pour des étudiants de niveaux collégial et universitaire ayant une déficience physique ou sensorielle, afin de les aider à poursuivre leurs études et acquérir une expérience de travail reliée à leur domaine d'études.

Dans le cadre du Programme, deux bourses de 2 000 $ accompagnées d'un emploi d'été de 12 semaines sont offertes aux étudiants de niveau universitaire et une bourse de 1 000 $ accompagnée d'un emploi d'été de 10 semaines est offerte aux étudiants de niveau collégial.

Vous avez jusqu'au 10 février 2006 pour vous inscrire...

Pour plus d'information, contactez le Centre de Services Ressources Humaines Banque Nationale au 1 877 394-0781 ou visitez leur site Web au www.bnc.ca.

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Concert bénéfice lors de la journée internationale des personnes handicapées au Spectrum le 3 décembre prochain

L'Association des paraplégiques du Québec (APQ) est fière de vous présenter la première édition de son concert bénéfice lors de la journée internationale des personnes handicapées.

Sous la présidence d'honneur de l'honorable Lise Thibault, Lieutenant-gouverneur du Québec, le spectacle aura lieu le 3 décembre prochain au Spectrum de Montréal. Le coût du billet est de 32 $.

Pour plus d'information :

Association des paraplégiques du Québec
6020, rue Jean-Talon Est, bureau 400
Montréal (Québec) H1S 3B1
Téléphone: (514) 341-7272
Téléphone sans frais: 1 877 341-7272
Télécopieur : (514) 341-8884
Courriel de l'APQ : info@paraquad.qc.ca
Site Web : www.paraquad.qc.ca

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Affichez-vous

Avec son site Web, le CAMO pour personnes handicapées vous invite à faire connaître vos projets ou initiatives en lien avec l'intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées en utilisant la section En bref disponible dans la page d'accueil du site et dans la section Actualités. Cet espace vous appartient...

Pour y mettre en ligne un de vos projets ou une de vos activités, contactez-moi par courriel ou par téléphone au (514) ou 1 888 522-3310, poste 118.

Éric Daigle
Conseiller - Information & Communications

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1.Consulter le document La transition de l'école à la vie active - Rapport du comité de travail sur l'implantation d'une pratique de la planification de la transition au Québec de l'Office des personnes handicapées (2003) (retour note 1)

2.Consulter les rapports des deux premières phases de l'étude. (retour note 2)

3.Pour en savoir davantage sur ces forums, consultez le site Web de NEADS. (retour note 3)

Travailleur ayant une déficience auditive, signant le mot « travail »
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